Les Jardins de La Borie

Le château de La Borie

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Le château de la Borie a été construit par un membre d’une famille de notable de Limoges, les Maledent. Le constructeur du château avait notamment la charge de veiller, pour le roi, à la rentrée des impôts.

Sa construction date du 17ème siècle, époque de la révolte des Croquants, durant laquelle régnait un climat d’insécurité dans les campagnes sans défense face aux brigands qui y rôdaient. Ainsi peut-on voir percées entre autres dans les murs de la chapelle ou des tourelles d’angles, dans un souci de protection du domaine, des canardières destinées aux mousquets.  

Le château est peu décoré, du fait de son statut de résidence d’été, à la différence d’un château comme celui de Rochechouart. Sa construction aura néanmoins nécessité de prodigieux efforts, et de nombreuses ressources, notamment de la pierre et du chêne, qui a servi au solivage soutenant le plancher grâce à 720 solives. Le bois fût également une ressource primordiale pour la réalisation de la charpente, composée de 41 fermes, ensembles triangulaires servant à donner la forme de la charpente.

La cour n’était pas à l’origine l’entrée principale du château, mais une cour de service où l’on pouvait trouver des logis de métayers (les métayers étaient les exploitants agricoles du domaine), ainsi que des granges et des porcheries, le domaine de La Borie étant également, à l’époque, un domaine agricole. Cette fonction sera d’ailleurs prépondérante au 19ème siècle, durant lequel la résidence est inhabitée, ses héritiers possédant un autre château. Le domaine fait, à cette époque, plus de 100 hectares, sur lesquels on cultive seigle et pommes de terre, et où porcs, moutons, et bovins sont élevés. Aujourd’hui, la cour sert à la tenue de concerts organisés par la Fondation La Borie, durant la belle saison.

La terrasse du château était l’espace d’agrément, où les résidents pouvaient s’adonner aux moments de détente et aux conversations mondaines. Elle est située derrière le château et offre un point de vue sur le paysage environnant. Il est intéressant de noter que, si les châteaux étaient d’ordinaire construits en hauteur, le château de la Borie est situé au centre d’une alvéole paysagère, ce qui lui permet de profiter d’un panorama, et ainsi de dominer le paysage.

 L’édifice a subi plusieurs modifications. Son intérieur ne comportait, à l’origine, aucune pièce dédiée à des fonctions précises. Chaque salle pouvait abriter lits et tables, ainsi que l’équipement nécessaire à la préparation des repas, tout comme les paillasses des serviteurs, qui dormaient dans la même salle que leurs maîtres. Vers 1900, des modifications apparaissent en vue d’améliorer l’ergonomie et de moderniser l’édifice, aboutissant à une différenciation entre des espace publics et intimes. Au début du 20ème siècle, les héritiers du château réalisent de grandes ouvertures pour les fenêtres, dans le style Louis XV, afin de gagner en luminosité, et rendre ainsi le château plus agréable à vivre.

La naissance de la musique en Chine

On raconte qu’en l’an 2697 avant notre ère, l’Empereur Huang Di envoya son ministre, Ling Lun, voué corps et âme à la musique, afin de trouver des tuyaux de bambou capables de restituer correctement les douze sons de la gamme. C’est dans les montagnes situées à l’Ouest que Ling Lun trouva les bambous appropriés. Il choisit un tronc particulièrement vigoureux et en coupa ses flûtes. Lorsqu’il souffla dedans, il entendit un son grave, qui sonnait exactement comme le son le plus grave qu’il pouvait chanter lui-même. Tandis qu’il était assis là avec ses flûtes, écoutant le murmure du ruisseau et le bruissement du vent dans les feuilles, deux Phœnix mythiques apparurent sur l’arbre proche de lui. Ces oiseaux ne se montrant aux hommes que lorsque des grands événements vont se passer, Ling Lun comprit que quelque chose de significatif allait se passer. Le mâle chanta le premier. Son premier son correspondait avec le son de la flûte de Ling Lun. Il chanta encore cinq sons, tandis que Ling Lun taillait rapidement cinq flûtes avec ces hauteurs de son. Puis ce fut la femelle qui chanta six sons, pour lesquels Ling Lun tailla également des flûtes, afin de ne pas les oublier. Quand finalement il ordonna les douze tuyaux en une gamme de son, il remarqua qu’il avait un système tonal de douze demi-tons correspondant à une série de quintes.

Il est écrit dans le livre des rites: “Trois est le chiffre symbolique du ciel, deux celui de la terre. C’est pourquoi le rapport de sons qui se comportent comme trois par rapport à deux, est aussi harmonieux que le rapport du ciel à la terre.”

D’après la légende, les sons produits par ces douze tuyaux constitue la base du système tonal chinois. Afin de fixer les sons pour toujours, l’empereur fit couler douze cloches de bronze correspondant exactement aux hauteurs de sons des flûtes de bambou ; dès ce moment, tous les instruments furent accordés d’après elles.

Il s’agit là, mondialement des plus anciennes indications au sujet d’un système tonal basé sur une tonique déterminée et des intervalles fixes entre les sons.

Le tuyau le plus long donna le son de base du système tonal chinois et il devint également la norme pour les longueurs - un peu comme le mètre étalon de Paris, et pour les volumes. On nommait ainsi “flûte” les 1200 grains de millet qu’il pouvait contenir, écrit avec le signe, et qui probablement représente un instrument semblable à une flûte. La mesure standard devait, lorsqu’on soufflait dedans, donner le son de base.

Il était nécessaire d’avoir un son de base fixé comme genèse d’une gamme aux intervalles exacts pour que le rapport entre ciel et terre soit exact. Dans la vie quotidienne de ce monde-ci, il fallait avoir des mesures de longueur et de poids, ainsi qu’un système monétaire fiable. Chaque possibilité de tromperie dans ces domaines aurait conduit à l’escroquerie et à la corruption, tout le commerce aurait été en péril. Ceci aurait conduit dans le cas extrême au désordre et au chaos sur la terre - ou “sous le ciel”, qui est le nom chinois pour la terre. Donc, dans les temps anciens, lorsqu’on instaurait un ministère impérial de musique, celui-ci faisait toujours partie du ministère des mesures, poids et monnaies.

Michel Uhlmann

L’anesthésie auditive

14 ans, 10 mois, 18 jours

Mal calculé mon coup à la conque. Plongé trop droit, donné le coup de rein trop tard. Résultat la paume de mes mains et les genoux écorchés. Pas senti grand-chose sous l’eau, mais dehors une douleur de chien! (“cuisante” est vraiment le mot juste.) Quand Violette m’a dit qu’elle allait nettoyer ça avec le calva de Manès, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander si ça allait faire mal. Bien sûr, qu’est-ce que tu crois, la gnôle de Manès ce n’est pas de la bibine ! Donne ta jambe. J’ai tendu la jambe en me cramponnant à la chaise. Tu es prêt ? J’ai serré les dents et les paupières, j’ai fait signe que oui, Violette a frotté la plaie, et je n’ai absolument rien senti ! Parce qu’elle s’est mise à hurler à ma place. Un véritable hurlement de douleur comme si on la dépiautait vive ! Ça m’a d’abord sidéré, et puis ça nous a fait rire, Tijo et moi. Ensuite, j’ai senti sur mon genou la fraîcheur de l’alcool qui s’évapore. Il emportait une partie de la douleur. J’ai dit à Violette que ça ne marcherait pas pour le second genou puisque maintenant je connaissais le truc. Tu paries ? Donne l’autre jambe. Cette fois-ci elle a poussé un autrecri. Un cri d’oiseau incroyablement aigu qui m’a vrillé les tympans. Même résultat. Rien senti non plus. Ça mon petit gaillard, ça s’appelle l’anesthésie auditive. Elle n’a pas crié en nettoyant mes mains et son silence m’a encore plus surpris que ses hurlements. C’était fini avant que je ressente quoi que ce soit.
Donc, si nous arrivons à distraire l’esprit de la douleur, le blessé ne le ressent pas. Violette me dit qu’elle a trouvé le truc en soignant Manès quand il était petit. Manès était douillet ? Elle a souri : Même Manès a été un petit garçon.

Extrait du Journal d’un corps, Daniel Pennac. Gallimard 2012.

Haute résolution Le gueuloirC’est une petite maison carrée en brique, percée de quelques orifices, pour crier tout seul ou à plusieurs, ou pour écouter dehors ceux qui crient dedans. Les sons à l’intérieur ont des réflexions très courtes sur les murs et le niveau sonore est élevé. Dehors, l’atténuation est évidente mais en collant l’oreille sur les orifices, on mélange l’ambiance intérieure et extérieure.
Une pièce à cris aussi pour se défouler!

Le gueuloir

C’est une petite maison carrée en brique, percée de quelques orifices, pour crier tout seul ou à plusieurs, ou pour écouter dehors ceux qui crient dedans.
Les sons à l’intérieur ont des réflexions très courtes sur les murs et le niveau sonore est élevé. Dehors, l’atténuation est évidente mais en collant l’oreille sur les orifices, on mélange l’ambiance intérieure et extérieure.

Une pièce à cris aussi pour se défouler!

Le topophone

Nos oreilles sont espacées d’environ 17 centimètres. Elles perçoivent un son chacune avec quelques différences qui leur permettent de le localiser. Le topophone agrandit la distance entre les oreilles au moyen de deux pavillons écartés d’un mètre : ils captent le son et le canalise vers les oreilles par des écouteurs. On gagne ainsi en précision.
Voici l’histoire de ce dispositif.

Un ingénieur américain, qui s’est fait connaître pour ses apports en acoustique, Alfred Marshall Mayer, étudiait les phénomènes vibratoires – dont la loi associant l’intensité du son avec la durée de sensation résiduelle dans l’oreille – lorsqu’en 1876, il découvrit que la pression de l’air à l’intérieur du fond d’un résonateur en action dépassait celle, à l’extérieur, d’une même surface. Il construisit alors un « moulin à sons », constitué d’une paire de résonateurs balancés et pivotant sur leur support de manière à être mis en rotation en réaction d’un son près d’eux. Ce phénomène de répulsion acoustique l’amena à inventer le topophone (de topoi, lieu, et phôné, voix, son), dispositif qui permettait d’amplifier mécaniquement l’audition d’un individu, à l’aide de deux récepteurs acoustiques dont les pavillons sont dirigés en sens opposés et dont les embouchures sont reliées aux oreilles par des fils spéciaux.

On se rendit vite compte que la principale utilité de cet appareil était en mer. En effet, lorsqu’un navire était plongé dans le brouillard, la navigation en mer était alors périlleuse, les navigateurs privés de repères. Il était particulièrement difficile de localiser les autres navires, de savoir avec exactitude leur position même lorsqu’ils émettaient un signal ou même de repérer un obstacle quel qu’il soit. Privée de la vue, l’ouïe a parfois du mal à nous repérer dans l’espace.

D’autres ingénieurs, comme David Heap, développèrent spécifiquement l’invention pour des usages maritimes, voire militaires : « lorsqu’il est nécessaire de préciser la position d’un corps à l’approche ou celle d’un canon dangereux » (Patent of the Topophone by David Porter Heap, 1897). Cet usage militaire a par la suite prévalu, notamment dans les années trente, où furent fabriqués des dispositifs d’écoute, allant de l’appareil acoustique à des architectures dédiées, tentant de localiser les avions ennemis pour parer à des bombardements.

Aujourd’hui, il sert de base à des créations sonores, et pour nous, aux Jardins de La Borie, il est l’un des dispositifs de sensibilisation au monde du son et de l’écoute: dans le labyrinthe, on repère les oiseaux.

Les plantes diaphanes

Négligée jusqu’à ce jour dans l’art des Jardins, les lumières naturelle et diurne sont pourtant des éléments fondamentaux dans la composition paysagère. C’est pourquoi les Jardins de La Borie développent sur 16 000 mètres carrés une palette végétale de plantes diaphanes : végétaux qui laissent passer les rayons du soleil dans la texture de leurs différents organes (feuilles, tiges, fleurs, fruits).

Le travail de conception paysagère basé sur la notion de transparence végétale est tributaire d’une écriture collective. Cette approche nouvelle et sensible visant à capter l’effet du soleil sur les plantes entre directement en lien avec le travail global réalisé sur la lumière, le son et le paysage. Selon Patrick Rimoux, Sculpteur Lumière des Jardins de La Borie, « la lumière n’est pas un élément de faire valoir dans la mise en scène du paysage, il en est l’objet. Les artistes sculptent ces matières sensorielles en créant des correspondances et des analogies qui se complètent et créent un nouvel espace dont l’alliance du son et de la lumière est le guide. »

La singularité de ce type de plantation est qu’elle s’appuie non seulement sur une connaissance rigoureuse du monde végétal, mais aussi sur l’étude du fonctionnement de l’astre solaire. Le jardinier doit discerner les plantes capables de jouer avec la lumière et exprimer leur transparence vis-à-vis de l’action pénétrante et toujours mouvante du soleil à un moment précis de la journée ou d’une saison. Le geste paysager dans le positionnement des plantes est donc plus que déterminant, primordial.

Un travail de réflexion a été mené pour déterminer les différents types de luminosités. Au lever et coucher du soleil, la lumière est dite « basse et chaude ». En hiver, illuminant les végétaux de façon « latérale », elle induit un effet féérique sur les plantes. En été, la lumière « forte » projette des ombres au sol et sculpte le corps végétal. Or, précise Pierre Lagedamon, botaniste bénévole à La Borie, « ces  transformations spectaculaires passent souvent inaperçues car la plante n’a pas été plantée au bon angle du soleil ».

 

Quelques règles générales de plantation des végétaux à effets diaphanes :

 

  1. La première analyse  à mener avant  d’intervenir sur le site est celle de  la valeur directionnelle du soleil. Il faut connaître le mouvement du soleil et ses interactions sur les composantes naturelles
  2. Les plantes capables de jouer avec la lumière ont besoin d’espace. Elles sont toujours mises en valeur dans des lieux ouverts, bien dégagés. Ne pas les confiner contre un mur, une haie ou d’autres plantes
Haute résolution Le labyrinthe
Il arrive que dans les contes, au détour d’une page, on découvre des lieux enchantés où chaque pas apporte une surprise, une aventure, un prodige.
Au bout de l’allée qui conduit au domaine de La Borie, il y a un Labyrinthe  qui pourrait sortir de l’un de ces récits fabuleux.
C’est ici le domaine du son. Et de toutes les sortes de sons que nos oreilles sont capables d’entendre, et nos pieds, nos jambes, nos bras, notre bouche, de produire. Entrez et instantanément vous serez transformé en son. 
À travers les hautes herbes et derrière des ballots de paille, vous entendrez sans les voir des voix, des appels. Vous aurez envie de leur répondre et vous crierez « oh oh »…Ainsi commence l’aventure, pour les petits comme pour les grands.
Le sol de l’allée change sous vos pas qui font sonner des rondins de bois, des briques, du gravier, du sable, de la tôle… Puis dans une allée, en courant, vous jouez des percussions vibrantes, raclantes, tintinnabulantes. Un vélo vous attend bardé de sonnailles. Un édicule vous invite à crier, un tuyau torture votre voix. 
L’enchantement vient aussi de petits lieux de découvertes imprévues : où l’on écoute l’ancêtre du stéthoscope du docteur Laennec, où quelqu’un chuchotant au loin dans une parabole semble être à vos côtés… 
Pour peu que les grenouilles de l’étang chantent et les moutons bêlent dans les champs, le Labyrinthe sera totalement enchanté.
Louis DandrelDesigner sonore et co-créateur des Jardins de La Borie
Vous pouvez entendre les grenouilles de l’étang sur soundcloud:http://soundcloud.com/jardinslaborie/etang-la-borie

Le labyrinthe

Il arrive que dans les contes, au détour d’une page, on découvre des lieux enchantés où chaque pas apporte une surprise, une aventure, un prodige.

Au bout de l’allée qui conduit au domaine de La Borie, il y a un Labyrinthe  qui pourrait sortir de l’un de ces récits fabuleux.

C’est ici le domaine du son. Et de toutes les sortes de sons que nos oreilles sont capables d’entendre, et nos pieds, nos jambes, nos bras, notre bouche, de produire. Entrez et instantanément vous serez transformé en son.

À travers les hautes herbes et derrière des ballots de paille, vous entendrez sans les voir des voix, des appels. Vous aurez envie de leur répondre et vous crierez « oh oh »…
Ainsi commence l’aventure, pour les petits comme pour les grands.

Le sol de l’allée change sous vos pas qui font sonner des rondins de bois, des briques, du gravier, du sable, de la tôle… Puis dans une allée, en courant, vous jouez des percussions vibrantes, raclantes, tintinnabulantes. Un vélo vous attend bardé de sonnailles. Un édicule vous invite à crier, un tuyau torture votre voix.

L’enchantement vient aussi de petits lieux de découvertes imprévues : où l’on écoute l’ancêtre du stéthoscope du docteur Laennec, où quelqu’un chuchotant au loin dans une parabole semble être à vos côtés…

Pour peu que les grenouilles de l’étang chantent et les moutons bêlent dans les champs, le Labyrinthe sera totalement enchanté.

Louis Dandrel
Designer sonore et co-créateur des Jardins de La Borie

Vous pouvez entendre les grenouilles de l’étang sur soundcloud:
http://soundcloud.com/jardinslaborie/etang-la-borie

L’oratoire

Les jardins de La Borie, d’un nouveau type, révèlent un travail en profondeur sur les propriétés de la lumière et du son. Considérés en tant qu’entités, lumières et sons suggèrent par eux-mêmes des relations naturelles qu’il s’agit ici de mettre en scène. Ainsi, la lumière n’est pas un élément de faire valoir dans la mise en scène, il en est l’objet. Les artistes sculptent ces matières sensorielles en créant des correspondances et des analogies qui se complètent et créent un nouvel espace dont l’alliance du son et de la lumière est le guide.

L’appellation de sculpteur lumière prend tout son sens dans le travail de Patrick Rimoux qui ici la plie à son envie de mise en scène, la pétrit et la fait varier au gré des sons.

L’oratoire, ancienne chapelle du château, constitue le nerf principal, la corde sensible de l’équilibre entre le son et la lumière des jardins. Patrick Rimoux et Louis Dandrel travaillent  autour d’un nombre d’or, résultat d’une parfaite adéquation de la lumière avec le son, qui suffit à créer l’atmosphère de recueillement du lieu. De la même façon que l’ordre des Cisterciens donnait à ces deux éléments la seule et entière force de suggestion sur le fidèle des valeurs telles que la foi et la perfection divine, la construction simple de la chapelle laisse à la lumière et au son l’entière responsabilité d’habiller l’espace.

Dans ce lieu, Patrick Rimoux a étudié les propriétés de la lumière du jour pour créer en amont des jeux sur la matière de porcelaine, richesse de l’artisanat du Limousin dont sont constitués les vitraux et le dôme, pour influer sur les rayonnements lumineux et les moduler.

Le toit de la chapelle, disparu il y a bien longtemps, est remplacé par un dôme en polycarbone chargé de poudre de kaolin (argile pur utilisé comme collant sur la porcelaine) qui, réceptacle de la lumière naturelle, diffuse dans l’oratoire une lumière ouatée dont la présence est presque palpable. Les sons qui résonnent aléatoirement viennent donner un corps et une voix à cette lumière diffuse.

Les vitraux sont également constitués de porcelaine fine sur laquelle la poudre de kaolin dessine des formes qui font écho à la pierre du bâtiment et crée des ombres portées à l’intérieur de l’oratoire. Le travail sur la matière du kaolin, en faisant varier son épaisseur, permet de créer un filtre qui commande la diffusion de la lumière et donne aux rayons lumineux une texture poudrée.

L’oratoire, éclairé par une lumière sculptée à laquelle on a donné une voix, prend ainsi sa signification intemporelle en créant un lieu où règne une spiritualité évanescente et apaisante.

Patrick Rimoux

Le domaine de La Borie est un domaine agricole du début du XVIIe siècle situé à 4 kms de Limoges dans un environnement paysager et bocager typique du Limousin. Composé d’un manoir et de vastes communs, le domaine s’étend sur 14ha comprenant un jardin en terrasse, un mur d’enceinte et ses tourelles, un pigeonnier, un étang, de vastes allées de chênes et des prairies. Le lieu fut progressivement restauré en vue d’être un lieu de création pour la musique et les arts du son